Guérison (Solstice d'Eté)

Il y a des moments où au cours de notre voyage le long de la spirale de l'année, nous nous heurtons à des obstacles, qui rendent difficile notre progression. La source d'inspiration se tarit, les feuilles de l'arbre se flétrissent, nous nous sentons déprimés, isolés, et bloqués. La spirale a tout l'air d'un dédale. Au lieu de marcher avec confiance sur le chemin qui nous conduit au centre de notre vie, nous faisons des détours qui nous égarent, nous nous engageons dans des impasses, nous revenons toujours sur nos pas. De telles périodes sont assez communes dans n'importe quelle voie spirituelle; elles font partie du voyage même, et la guérison des parties non intégrées de nous-mêmes, qui nous empêchent de poursuivre notre périple, fait partie du voyage. A cette fin, il peut être très utile de se rendre dans l'Autre Monde, pour chercher la guérison auprès de Morgane d'Avalon.
Pour cette méditation, il est bon de se préparer un endroit confortable, avec des coussins, de façon à pouvoir vous allonger devant votre autel, car cela vous mettra dans un état très profond de relaxation, essentiel pour la guérison. Avant de commencer, mettez une offrande de fleurs ou d'herbes parfumées sur l'autel au sud, la direction qui correspond à l'été. Un vase de fleurs ou des pétales et des herbes éparpillées, feront également l'affaire. On peut aussi faire brûler un encens floral. Un accompagnement musical augmente grandement les effets. Un certain nombre de personnes disent que cette méditation leur avait procuré des bienfaits curatifs - alors que c'était la première fois qu'ils la pratiquaient, et qu'ils ne savaient pas à quoi ils pouvaient s'attendre. La pratique continue est encore plus bénéfique. Il est bon d'écrire ce dont on fait l'expérience, car mettre cela sur le papier sert à ancrer le travail intérieur dans le monde physique, et à empêcher les intuitions et les perceptions subtiles de s'évanouir comme des rêves au réveil.
Méditation : Voyer vers
Avalon
Fermez les yeux, prenez quelques
inspirations profondes, et commencez à vous détendre... Laissez le souffle vous
emporter vers un autre lieu, un autre temps, avant le commencement du temps...
Vous vous tenez sur un rivage, le regard dirigé vers une île. C'est le soir, et au-dessus de vous, la pleine Lune apparaît. Tout est immobile dans l'air pâle pourpré, et les bruits du soir sont magnifiés... un hibou hulule doucement d'un bois voisin... Clapotis de l'eau à vos pieds... Battements d'ailes blanches de papillons de nuit dans le pourpre crépuscule, et en regardant l'île par-delà les flots, vous voyez qu'elle est à demi-cachée par une brume, et que la Lune brille à travers cette brume, créant une pellicule de blanc autour... lumière opalescente qui semble venir d'un autre monde... Et maintenant de la brume tourbillonnante, vient quelque chose qui se dirige vers vous... c'est un petit bateau, et il glisse rapidement mais sans à-coups vers le rivage, mais il n'y a personne à bord. Il semble animé par une volonté magique propre.
Vous regardez, fasciné, le bateau s'approcher de l'endroit même où vous êtes, sur le bord du rivage, et vous savez, alors qu'il vient mouiller, s'agitant doucement sur l'eau, qu'il est venu pour vous. Vous montez avec légèreté dans le bateau, et vous vous asseyez au milieu du banc de bois, sentant son léger bercement, et puis il se stabilise, tourne, et s'éloigne du rivage, vous emportant sans heurt dans les régions brumeuses de l'île.
D'abord la brise nocturne soulève vos cheveux, mais quand vous entrez dans la brume, une rosée froide vous entoure et vous ne pouvez plus voir. Vous devez faire confiance au petit bateau, croire qu'il sait où il vous amène, avoir foi dans le passage dans l'inconnu... Et maintenant, la brume commence un peu à se lever, puis s'enroule comme un rideau, pour dévoiler la rive de l'île sous la pleine Lune. Une femme est là debout, attendant que le bateau accoste... Elle est grande et droite, vêtue d'habits bleu foncé, et le petit bateau vous conduit là où elle attend.
Quand vous vous approchez d'elle, elle reste silencieuse, et immobile. Son visage est à demi voilé, mais vous pouvez voir dessous des yeux gentils et sages, et elle tend la main, en signe de bienvenue. Puis sans un mot, elle vous fait signe de la suivre. Elle vous conduit à travers des pommeraies aux fruits mûrs et aux fleurs épanouies en même temps, tout argentés par la Lune. Quand vous atteignez le centre de l'île, vous voyez un bâtiment de bois, bas, le temple au coeur de l'île.
Elle vous conduit à travers une petite porte où pend un rideau de petites perles de cristal... A l'intérieur, une lumière d'ambre pâle révèle des bouquets d'herbes et de fleurs suspendus, pour sécher, à des poutres de bois. La dame vous conduit à une paillasse longue, faite, outre la paille, de cuir, et vous vous y allongez. A côté se trouve un petit brasero de cuivre, dans lequel brûle une flamme bleue et dorée... Elle ne parle pas, mais vous sentez qu'elle vous demande de lui faire savoir où, dans votre corps, votre mental ou votre esprit, vous avez le plus besoin de guérison. Et vous y pensez pendant quelques instants... et vous le lui faites savoir.
Elle cueille un grand panier d'osier peu profond et y prend certaines choses: brins d'herbes, racines, pierres scintillantes... peut-être d'autres choses... et elle les dispose sur votre corps là où il est le plus nécessaire qu'elles aillent, peut-être là où vous lui avez dit qu'il y avait un problème, peut-être à d'autres endroits... Remarquez où elle les place... Le parfum des herbes... l'éclat chaud de la flamme... sont très apaisants après la froide traversée en bateau, et vous vous sentez dériver dans un état de demi-sommeil, tandis que la dame prend un instrument à cordes et commence à jouer... de temps à autre elle s'interrompt pour jeter une poignée d'herbes pouvoir dans le feu qui pétille un court moment et remplit l'air d'un parfum doux et lourd... Et les herbes vous induisent dans un état de rêve, et vous vous demandez à demi si vous entendez la dame chanter... et le temps n'existe plus... et vous dérivez, avec un sentiment de grande douceur, de grande paix...
Et après ce qui a pu être un bref moment, une longue période, vous refaites surface, dans l'état de veille, décrivant une remontée en spirale, comme si c'était dans l'eau. Les yeux de la dame vous sourient, et elle vous ordonne de vous lever. Le feu est faible, et une petite brise souffle maintenant par l'entrée basse, agitant le rideau. Elle vous conduit à l'extérieur, et vous avez conscience de vous sentir plus léger, mieux qu'auparavant, comme s'il y avait eu un changement dans la matrice de votre être... Une guérison a eu lieu... Les premiers rayons du Soleil dorent les pommiers, transformant les pommes en or pur... Elle vous reconduit au rivage, où le petit bateau vous attend toujours. Vous remerciez la dame de tout votre coeur, et vous lui dites un tendre au revoir... Puis vous montez dans le bateau, et quand vous avez trouvé votre équilibre sur le siège, il commence à s'éloigner.
Tandis qu'il s'éloigne de l'île, vous regardez en arrière, et agitez les bras, mais elle n'est plus là, et la brume est alors tout autour de vous et vous ne pouvez plus rien voir jusqu'à ce que vous émergiez de l'autre côté... Et maintenant vous glissez le long de la voie d'or du Soleil matinal sur l'eau, et au bout d'un moment, vous vous retrouvez sur le rivage de la terre ferme. Vous descendez, et le petit bateau s'éloigne à nouveau, dans la nuit. Vous inspirez profondément plusieurs fois, et à chaque souffle, vous avez une conscience accrue de votre corps. Maintenant, ouvrez les yeux, éveillez-vous pleinement.
Adapté de Vivre la Tradition Celtique au fil des saisons, Mara Freeman