La pratique dans la Nature

Sorcière dans la Nature

        Je souhaite ici exposer une problématique que je rencontre bien trop souvent dans mes voyages sur le net. Il s'agit de la pratique dans la Nature. Personnellement je pratique presque tous mes rituels dans la Nature (sauf quand il pleut - j'habite quand même en Belgique!).

        Lorsque vous pratiquez dans la Nature, vous n'avez besoin que de très peu d'instruments. La Nature est brute, sauvage, " salissante " (du moins si l'on considère que la terre est salissante - encore un conditionnement de la société). Donc, j'imagine mal quelqu'un pratiquant un rituel en pleine Nature, affublé d'une superbe tunique de soie brodée d'or flottant dans tous les sens, avec tous ses outils autour de lui, chandeliers en argent n'arrivant pas à tenir sur un sol irrégulier, bougies tremblotantes voir inallumables (eh oui, le vent mes chers amis), son petit cercle tracé à la farine, au milieu des branches et des petits arbrisseaux. Vision ridicule, et d'ailleurs je comprends que la plupart des "débutants" aient décidé, après une telle catastrophe, de ne définitivement pas pratiquer dans la Nature.

        En tant que païenne, la Nature est mon temple, ma maison, mon coeur, mon âme, bien sûr que j'y pratique mes rituels! Seulement, je ne m'encombre pas de tout ce bordel inutile! En magie, nous n'avons pas à nous préoccuper de bien "paraître" avec des beaux outils et de beaux habits tout propres (de toute manière, ils vont peut-être revenir déchirés!), les conventions sociales ne servent à rien. Il faut être authentique, être nous-même, sans tous ces artifices qui nous habillent habituellement en "société". Et d'ailleurs, les sorcières sont belles, pourtant elles ne vont pas se balader dans leurs Forêts avec des hauts talons et un brushing parfait. Les sorcières sont belles parce qu'elles sont couvertes de terre, parce qu'elles ont des feuilles et des fleurs dans les cheveux, parce qu'une liane de lierre leur enserre la taille, parce que le vent les porte et que les Arbres répondent à leur chant ; elles sont belles parce qu'à travers elles se reflète toute la beauté de la Nature.

        Mais alors, quand je pratique dans la Nature, j'utilise quoi comme outils? Tout simplement ce qui m'entoure. Vous devez à tout moment avoir une conscience aigue de ce que vous faites, de ce qu'il y a autours de vous, de ce qui se passe. Tout ce qui vous entoure peut vous être utile en magie, et peu importe que l'on vous ait expliqué comment faire dans un livre ou non. Vous devrez apprendre à suivre votre intuition, car c'est la seule chose qui pourra vous guider. Utilisez la puissance du Vent, des Arbres, des plantes, des feuilles, des cailloux, de la pluie, de l'orage, du Soleil, de la Lune, des étoiles, de la terre et des courants telluriques, de toutes les énergies qui vous entourent. Vous n'avez besoin d'aucun intermédiaire, car vous êtes seule, au milieu de la Nature, et seul votre pouvoir (et quelques rares outils - pour plus de précision sur ceux dont je parle ici, reportez-vous à la section Mes outils) vous sera utile pour mener à bien votre but.

Les outils

Chandelles et chandeliers
Parfaitement inutiles, et assez dangereux en été, étant donné les sécheresses que nous avons parfois à vivre. Bien sûr, dans la chambre, ça donne une ambiance sacrément romantique, j'adore en allumer (par contre, il faut faire très attention, ne jamais jouer avec ça et partir d'une pièce où brûlent des bougies). Mais dans la Nature, pourquoi donc s'en encombrer? C'est encore plus inutile en plein jour, que voulez-vous qu'elles éclairent? Ah mais, allez-vous me dire, c'est pour représentez le Feu. Bon, imaginez-vous en pleine Forêt, vers 15 heures. Vous vous baladez, les oiseaux chantent, le vent souffle légèrement, assez pour vous apporter un peu de fraîcheur dans cette chaude journée d'été. Vous vous arrêtez, quelques gouttes de transpiration perlent sur votre front, vous les essuyez et portez un regard vers le magnifique astre qui brille au-dessus de vous... Il vous inonde de sa chaleur, vous caresse de ses rayons, vous berce de sa lumière... Vous avez compris?
La nuit, bien sûr, le Soleil de brille pas. Dans ce cas, allumez un petit feu (dans votre chaudron, ou directement sur le sol). Mais n'oubliez pas d'être extrêmement prudente: lorsque vous partirez, vous devez vous assurer que le feu est bien éteint, d'abord avec de l'eau, ensuite pour être sûr en le recouvrant d'une bonne couche de terre.

Encens et encensoir
L'encensoir est inutile: une pierre trouvée sur place suffit, votre chaudron, ou bien le sol directement. L'encens en lui même peut être allumé sans aucun problème. Mais concrètement, l'encens n'est pas d'une grande utilité dans la Nature, à moins qu'aucun vent ne souffle : celui-ci disperse rapidement les effluves de votre encens.

Le bol rempli de terre, représentant l'élément Terre sur le cercle
Inutile également, regardez ce qui vous entoure: de la terre, ou du sable si vous êtes près de la mer.

Le calice, représentant l'élément Eau sur le cercle
Dans une Forêt, à moins que vous ne vous trouviez à proximité d'un point d'eau, vous n'avez aucun moyen de trouver de l'eau telle quelle. Donc, vous pouvez ramener un calice (prenez-le en matière naturelle, mais solide, pas en verre. J'utilise un calice en terre cuite, avec un large pied pour qu'il tienne bien droit), que vous remplirez d'eau. Si vous vous trouvez à proximité de la mer, aucun problème, vous avez tous les éléments réunis autour de vous.

Le chaudron
Pour moi, indispensable, je ne m'en sépare pas. J'allume mon encens dedans (lorsqu'il n'y a pas trop de vent), un petit feu, ou je fais bouillir des philtres. Ne prenez donc pas un énorme chaudron, cela ne vous servirait concrètement à rien sinon à décorer la façade de votre maison, mais en plus ce serait très lourd. Et n'achetez pas non plus ces ridicules petits chaudrons à peine assez grands pour faire brûler de l'encens. Si votre chaudron a des pieds, vous pourrez allumer le feu directement en dessous, mais si il n'a pas de pieds (comme le mien), vous devrez le placer sur de grosses pierres plates, entre lesquelles vous aurez allumé le feu. Ou alors, vous pouvez faire pendre votre chaudron à une corde (accrochée à l'anse) au bout de trois grands bâtons accrochés ensemble, et mis tenus écartés sur le sol.

Baguette et bâton de pouvoir
Ces deux outils peuvent être utilisés sans problème à l'extérieur. Vous devez choisir lequel vous allez utiliser, puisqu'ils ont tous les deux la même fonction mais il est bien plus pratique d'utiliser un bâton de pouvoir. Vous pouvez bien sûr avoir les deux, et prendre l'un ou l'autre selon ce que vous dicte votre intuition avant de partir dans la Nature.

Athamé
Indispensable également, et facilement transportable (à la ceinture).

Serpette
Je travaille énormément avec les plantes, donc je la garde toujours à la ceinture.

Cingulum
Si vous en avez un, n'hésite pas à le prendre, il ne vous encombrera pas et sera votre seul " habit " si vous pratiquez vêtue du Ciel et des Etoiles...

Mortier
J'ai un tout petit mortier, que je prends partout.
 

        Donc, je résume. Vous avez besoin d'un grand sac, dans lequel vous mettrez votre chaudron, de l'encens si vous le souhaitez, des allumettes et de quoi allumer un feu, votre calice, une petite bouteille de vin ou de toute autre boisson, votre boussole, un petit carnet et un crayon (moi j'ai toujours des poèmes ou des choses à noter), votre pendule (au cas où vous vous perdiez) une bouteille d'eau (pour votre potion si vous en faites et pour boire - c'est important de bien s'hydrater), une grosse et vieille couverture s'il fait encore froid la nuit (n'en prenez pas si vous revenez avant la nuit!), de quoi manger un peu. Vous vous habillez selon le temps avec des habits amples et naturels (surtout pas de synthétique, par pitié), mettez des bottes, passez votre ceinture sur laquelle vous aurez accroché quelques sachets contenant des herbes et des pierres spécifiques dont vous aurez besoin, votre serpette, votre athamé, votre crane's bag, mettez votre cingulum (si vous en avez un). Vous vous munissez de votre bâton de pouvoir (ou si vous prenez votre baguette, vous la passez dans votre ceinture).

    Et vous voilà partie pour un intense moment de communion...
 

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